Samedi 25 septembre 2010 6 25 /09 /Sep /2010 06:08

 

Salut les copains. Ca y est on est rentré de nos vacances en montagne. Alors voici notre récit…

 

Lundi 13.

Tout le monde nous dit qu’il ne faut pas y aller en marchant mais en volant soit par hélicoptère soit par avion car les 2 premiers jours avec les sacs lourds et remplis de bouffe sont infâmes. Et s’il y a bien une chose qu’on a apprit ici, c’est que quand un kiwi te dit c’est horrible, alors c’est horrible fois 3. Il faut vraiment écouter les locaux !!! On décide donc de trouver un avion. Ca coûte un peu cher mais si c’est pour qu’on puisse avoir su bon ski là-bas, alors ça vaut le coup.

10h RDV à « ski plane », l’avion partira à 10h30 maximum et on partage les frais avec un groupe qui part avec un guide !

10h30, Mike notre pilote met son casque et c’est partit pour de nouvelles sensations.

11h30, on est enfin sur le glacier à 30 minutes du refuge où on laissera nos affaires pendant qu’on skie.                     

L’avion c’est impressionnant. Très proche de la neige et l’atterrissage !!! 3 rebonds, un coup de volant et on y est.

Ski de rando Mount Cook (6)

 Mike doit vite repartir car le vent accroît sa force et sa vitesse et s’il attend trop longtemps, il ne pourra plus repartir. Les hélices font virevolter la neige. C’est la tempête ! J

On met les sacs au dos, on s’écroule sous leur poids (heureusement qu’on a pris l’avion !!!) et en route pour le refuge. On s’installe vite fais, mange un bout et part skier.

La neige est déjà transformée mais elle devait être très bonne ce matin. Pour descendre on doit pousser comme au Ballon d’Alsace ! A la remontée, elle regèle déjà. La tempête se lève. Le vent commence à souffler fort.

Ski de rando Mount Cook (8)

Demain la météo n’est pas très bonne mais il faudra guetter, peut être qu’il y aura un petit créneau.

Nous partageons le refuge avec Ana (guide de haute montagne) et ses trois clientes : Christina, Cecilia, et Sarah. Elles ont amener que de la bonne bouffe. Donc pendant que nous mangeons nos pâtes lyophilisées elles se font des légumes et des « bourritos » en buvant des godets de vin !!Ski de rando Mount Cook (12)  Ski de rando Mount Cook (11)

 

On éteint, pensant s’endormir vite mais le sommeil ne vient pas. On est à 2500m d’altitude, il faut s’acclimater. De plus, le vent est fort. Les rafales atteignent 100 km/h. Le bruit semble ultra fort mais étrangement on se sent plus en sécurité ici que dans les maisons à Tekapo. Le refuge est solide et ne vibre pas.

 

Mardi 14.

Réveillés à 7h. C’est la tempête, il faut peller pour sortir de la hutte et poser une corde pour aller aux toilettes !

10h30, petit déjeuner, thé, petite danse pour se réchauffer, nettoyage de la neige à l’intérieur (mauvais joints), puis retour dans nos duvets. Il fait -4°C maintenant. On attend que le vent se calme, que la visibilité soit meilleure pour pouvoir faire au moins une courte sortie à ski.

13h15, le beau temps n’arrive pas !

15h10 l’éclaircie est là mais elle est très légère. Il faut se motiver.

15h40, on est sur les skis. En route pour Mont Abel Col. Au bout de 3 minutes Guillaume râle et me demande « t’es sûre de vouloir skier ? ». Et c’est vrai qu’à ce moment là, je ne savais plus trop pourquoi on y allait. L’éclaircie est redevenue tempête en 3 minutes. Mais à la descente, on a comprit pourquoi c’était le bon choix : poudreuse, poudreuse et encore de la poudreuse. On rentre vite à la cabane pour l’appel de la radio qui nous donnera la météo de demain. C’était tellement bon qu’on remonte au col après la radio.

 

                 Ski de rando Mount Cook (19)       Ski de rando Mount Cook (16)

 

La soirée est fraîche dans la cabane. Il fait 0°C. Heureusement qu’on a des bons duvets. Merci le cadeau des 18 ans !

Demain, une belle journée est annoncée suivie de 3 jours de tempêtes. L

 

Mercredi 15.

Nuit bien reposante, sans vent et déjà un peu acclimaté.

Brou, il fait froid. Il faut se motiver. La journée s’annonce très belle. Le soleil se lève tout doucement.

 

Ski de rando Mount Cook (23)

 

7h30, Ana reçoit une météo plus récente. Verdict : aujourd’hui beau, ça se couvre vers 16h puis tempête pendant 4 voir 5 jours. Prochaine fenêtre météo mardi !

L’autre équipe décide de skier un peu ici et de redescendre, et de se faire récupérer par hélicoptère dans l’après midi.

Nous décidons de rester et d’attendre. Au mieux, après la tempête, on aura plusieurs jours de beaux et on pourra faire de belles sorties ; au pire, s’il y a qu’un seul jour, ben on en profitera pour redescendre et sortir des montagnes.

8h, départ pour Hochstetter Dome.

                                Ski de rando Mount Cook (29)

 C’est agréable quand il n’y a pas a de vent et qu’il y a du soleil. Un peu de brise au sommet mais rien de gênant. La descente est notre meilleure de Nouvelle Zélande. De la poudre juste comme il faut, pas trop lourde, ni trop légère ; et Hop on enchaîne des virages.

 

                                           Ski de rando Mount Cook (35)   

  

Maintenant il faut remonter au refuge. On croise nos compères qui nous demandent « vous êtes sûres de vouloir rester ? » Ben ouais.

16h45, la radio sonne. Le DOC nous donne la météo et ce n’est pas très engageant. Nous sommes les seuls à rester dans tous les refuges des environs. Et pour nous donner courage Greg fini son message par « Stay cosy in the hut, it will be rough ! » = Rester bien douillet/au chaud, ça va être rude !

Merci le DOC J

On va pouvoir lire, faire des mimes, dormir, … et avoir froid.

17h, Guillaume commence à faire fondre la neige et enchaîne sur la préparation du repas. Et enfin, 3h30 plus tard on a terminé de manger ! Alors, vaisselle, pipi et au lit.

20h42, il fait -1°C dans la chambre. BRRR.

 

Jeudi 16.

Zut. L’eau préparée la veille est déjà presque toute gelée. 

10h30, petit déjeuner, puis retour dans le duvet. J’ai bien peur que nos journées ressemblent beaucoup à ça pendant les 5 prochains jours ! L

Le vent souffle fort mais on voit quand même les montagnes. Les rafales sont impressionnantes mais les pires sont annoncées ce soir : 120Km/h.

Ca caille mais dans les duvets ça va. Quand on est debout, on court, on boxe, on mime… Même nos brosses à dents sont gelées. C’est rigolo, faut casser la glace avant de les mettre dans la bouche.

14h, on se lève difficilement pour manger, mais ça nous réchauffera.

14h40, retour dans le duvet.

Quelle journée exceptionnelle ! Et ils en annoncent encore 3 ou 4 comme ça !

« On est comme dans un frigo, dit Hélène

-Euh, non, dans un frigo il fait moins froid, répond Guillaume ».

17h, à la radio le DOC nous dit : tempête jusqu’à lundi. « Buccle up » = Tenez bon !

Allez plus que 4 jours !

 

Vendredi 17.

2h du matin, le vent des jours précédents c’était du pipi de chat !!!!!!!

Les rafales atteignent 130Km/h. C’est impressionnant. Le refuge ne bouge pas d’un poil, mais on a peur que les fenêtres explosent. On entend un bruit sourd comme une avalanche mais en fait c’est le vent qui s’engouffre dans la pente, puis sur le toit, soulève la masse de neige déposée et la relâche. Elle s’éclate de nouveau sur le toit en faisant un vacarme assez exceptionnel.

8h, ma vessie ne tient plus. Mais il va falloir sortir jusqu’aux toilettes. Avant il faut peller car la porte est presque entièrement bloquée par la neige.

 

Ski de rando Mount Cook (40)

 

On se prépare, déneige, descend aux toilettes piolet à la main. Les rafales sont alternées. Malheureusement la plus forte a été pendant que j’étais sur le trône. Et j’avoue qu’en comparaison à la robustesse du refuge, le cabanon en bois au bord de la falaise par des vents de 120Km/h ne me donne pas confiance.

10h, une petite partie d’échec mais ça caille trop, on retourne vite dans nos duvets. Allez plus que 3j et demi !

Journée identique à celle d’hier. Ca caille de plus en plus. Le DOC s’étonne qu’on soit encore là haut mais de toute façon on ne peut pas partir !

50 à 80 cm de poudre encore annoncés pour Tasman Saddle. Ca fera 1m50 en 2jours. Par contre, la neige va certainement tomber bas donc ça sera bien pour quand on repartira.

Dur dur de se motiver pour se lever, faire fondre de la neige et manger. Il fait tellement froid que tout se transforme en mission. Ce soir il fait -5°C dans le refuge. On passe des heures et des heures dans le duvet et on n’envie vraiment pas ceux qui font des expés. Il est 20h22, on est déjà au lit pour dormir.

Bonne Nuit.

Samedi 18.

Cette nuit a été plutôt calme. Les rafales de vent ne sont pas encore là. Ca va arriver dans la matinée. Ce matin, déception. Nos camel-backs sont gelés. On a plus qu’à les mettre dans nos duvets pour faire fondre la glace.

La porte du refuge est complètement bloquée par la neige. Avant la prochaine sortie il faudra penser aux 30 minutes de déblayage de neige.

Guillaume a déjà lu 3 livres et Hélène a trouvé un cahier de Sodoku. Le ciel est un peu découvert, de gros nuages cachent le soleil et surtout le vent se lève.

Par 130Km/h de vent, je ne veux pas trop être dehors.

Aujourd’hui, tout prend beaucoup plus de temps : se motiver pour se lever, se lever, se changer, faire à manger. On vient de mettre 1h30 pour faire une soupe et un paquet de pâte

Ce soir la radio est toute brouillée avec le vent. On a même plus de contact avec le DOC. De quoi se sentir vraiment seul, perdu dans les montagnes.

Le froid est de plus en plus terrible. On n’a plus faim et surtout pas envie de se lever. On se force tout de même pour garder des forces et être en forme quand le beau temps reviendra.

Dimanche 19.

Mon thermomètre indique -5°C. Est-ce la vraie température ou est-ce qu’il ne peut pas descendre en dessous ?

Il y a de la glace sur le devant de mon duvet. Notre réchaud normalement met 2 minutes pour bouillir un litre d’eau. Avec le froid, au bout de 10 minutes, l’eau est tout juste tiède. Paté, saucisse, fromage, toute notre nourriture est congelée. Il aurait pu mettre un micro onde quand même !

 En ce moment on rêve de douche chaude, de piscine, de feu de cheminée et de manger des glaces tellement il fait chaud ! Ben va falloir attendre encore un peu.

Petite éclaircie. Le rayon de soleil fait du bien au moral. Il y a quand même trop de vent pour sortir donc retour dans nos duvets après avoir bu notre petite soupe quotidienne mais avec le sourire aux lèvres.

16h50 : ENORME MAUVAISE NOUVELLE.

Nous pensions n’avoir que 5 jours de mauvais. Ils nous annoncent que mardi et mercredi le temps est mauvais, qu’on aura peut-être une fenêtre jeudi. Mais sa voix n’était vraiment pas sûre. C’est pas croyable d’avoir aussi peu de chance et autant de mauvais temps. Il n’y a aucune solution pour descendre. Les avions et hélico ne peuvent pas voler, et avec le brouillard épais, on ne peut pas emprunter le glacier. M---- !

On est au quatrième jour, la tempête devait faire 5 jours et maintenant on est (au mieux) de nouveau qu’à la moitié de la tempête.

 

Lundi 20.

On a adopté une nouvelle technique. Celle de « je me lève le plus tard possible, je déjeune tard, et comme ça on ne fera qu’un repas, quand la radio sonnera ». On n’aura besoin de se lever que 2 fois dans toute la journée.

Une 2nde nouvelle technique : nettoyer toute la neige dans le refuge, ça fait du bien au moral et ça réchauffe. Il faudra tout recommencer au bout d’une heure mais au moins pendant ce temps ça ne ressemble pas à la tempête.

 

Ski de rando Mount Cook (51)

 

Guillaume attaque son 5ème livre.

16h40, je me lève pour la radio. Le DOC nous annonce encore une mauvaise nouvelle : vendredi tempête ! Ca fera 9 jours ! On en a marre.

On regarde bien le guide et la carte, analyse tout ce qu’on peut. On fait des plans, des calculs,… demain on part !!!

Puis on se rétracte. Ce n’est pas sage. On peut attendre, on a assez de bouffe. On avait prévu de rester jusqu’à lundi prochain. Mais on pensait skier un peu !

Mais au moment de se coucher « Il faut qu’on se casse d’ici ». Demain c’est le créneau. Il faut surtout dormir et on décidera demain matin. On se donne des points de repères qui nous aideront à décider si oui ou non on peut partir. Nos affaires sont prêtes.

On règle nos réveils à 6h.

Mardi 21.

6:00 le réveil sonne.  Je me lève vite, vais voir à la fenêtre si un départ serait possible aujourd’hui. Il y a beaucoup de vent mais on peut voir jusqu’au point de repère qu’on s’était donne la veille. On va y aller. On va mettre du temps pour descendre mais on ne peut plus rester ici.

Je mets la neige sur le feu, il faut un paquet d’eau aujourd’hui : les 2 Camel-back, le thermos, le thé du matin mais aussi de l’eau chaude pour nettoyer un peu les sceaux qu’on a utilise pour la vaisselle et ... comment dire, le pot de chambre. Il faut aussi re-re-re-re...peller devant la porte car le vent a soufflé et la neige s’accumule encore et encore devant l’entrée.

La préparation est longue, mais 2h30 plus tard, nos skis sont dehors, le refuge propre, et j’ai passé l’appel au DOC afin qu’ils soient au courant que l’on s’en va malgré la météo et qu’ils s’inquiètent de notre sort s’ils n’ont pas de nouvelles demain soir.

La partie la plus crevassée est au début, il y a une radio sur  notre chemin, 3h avant le parking. Je leur dis que je les appelle depuis cette radio.

Dès qu’on est dehors il faut s’économiser mais pas traîner car le vent est fort, le brouillard assez épais et aujourd’hui, on  a pas le droit d’être pas bien. On est encordé, on se donne des codes pour si on a besoin de parler a l’autre et c’est partit.

Guillaume est devant et moi je suis. Je passe exactement là où il est passé grâce à la corde. On ne voit pas grand chose. La descente qui est sensée être très bonne se fait en chasse neige. Le manque de visibilité fait que l’on pense que l’inclinaison de la pente est à gauche alors qu’elle est à droite. La pente facile d’il y a 5 jours nous semble tellement différente. On a beau avoir répété le parcours dans notre tête, on ne trouve plus nos points de repères.

 

Ski de rando Mount Cook (31)

                                            (C'est là qu'on doit passer mais en plein brouillard!!!) 

 

On avance, doit contourner des séracs, continue, une nouvelle bourrasque de vent arrive. En plus de ne rien voir à cause de la météo, tout ce froid gèle l’intérieur de nos masques.

Sur les parties plus plates il faut pousser et faire le canard, Guillaume donne son rythme et moi j’essais de suivre. Dur dur quand on y voit rien et qu’on a des gros sacs. Parfois la corde se tend vraiment et il me tracte. C’est bien pour moi mais ça va le fatiguer beaucoup plus.

On est à la moitié de la partie où on peut encore faire demi tour. Bientôt on arrive au point de non retour. Guillaume très prudent avance à deux à l’heure. On essaie de garder un rythme régulier mais par moment on a l’impression d’être à l’arrêt. Le vent souffle, et déplace la neige au sol mais a contre sens de nous. Je dois regarder si la corde avance pour savoir si moi aussi je dois avancer ou non. Le soleil montre son bout de nez de temps en temps. On en profite pour prendre de nouveaux points de repères. On avance avec les éclaircies.

Enfin, nous arrivons sur la partie plate du glacier, à la jonction avec Darwin Glacier. Il nous a fallut 1h30 pour une descente qui normalement se fait en 30 minutes !

Ca va être long mais on veut rester en sécurité.

La descente du Glacier Tasman est très réputée ici, des gens payent 500 euros la journée pour se faire déposer en hélico au sommet et skier 2 descentes. Ben en fait c’est tout plat.

Il a fallut qu’on pousse tout le long. Au moins j’ai eu une expérience en ski Jöring, avec Guillaume qui me tractait. J

Le vent souffle déjà moins fort. C’est par rafales, pas très longues et surtout qui n’obstruent pas toute la visibilité. On continue un peu puis, très rapidement il fait trop chaud. Il faut dire que je m’étais préparée à me cailler alors je me suis habillée comme jamais. Petit strip-tease sur le glacier et c’est repartit. En suivant la courbe du glacier, on trouve enfin une pente qui nous fait glisser. WAHOU!!! Enfin c’est un petit waouh car même si on glisse mieux, on ne dépasse pas la piste verte quand même.

Tout à coup, on arrive à la glace. Il y a tellement de neige que les crevasses sont bien recouvertes et donc bonne surprise, on peut garder les skis aux pieds. Ca gagne du temps et surtout, on n’a pas besoin de rajouter le poids des skis à celui du sac. Rappelons qu’on avait prévu de sortir du glacier au bout de 15 jours donc sans nourriture et que la, à cause du temps on fait la même fin, mais avec 7 jours de nourriture dans le dos. Et bien, ça fait encore lourd.

On avance délicatement et là, quel spectacle magnifique ! Un lapiaz géant de glace bleue ! Un bleu vif vraiment surprenant.

                                    Ski de rando Mount Cook (41)

                                    Ski de rando Mount Cook (43)

 

Très rapidement on arrive à la partie un peu moins amusante. Là où le glacier est recouvert de cailloux. Il faut se créer son propre chemin. Au bout d’un moment on se décide quand même à enlever les skis et utiliser les crampons. On en profite pour manger un bout.

“Un Mars et ça repart”. Les skis sur le sac ça fait vraiment plus lourd. Mais on peut se déplacer plus facilement dans cette partie. Le pas lourd, on s’enfonce, enfin Guillaume s’enfonce car il continue à faire la trace. Une heure après, les étendues de neige sont de plus en plus longues, je suggère alors de remettre les skis aux pieds, avec les peaux de phoques. On s’enfoncera moins. Et effectivement c’est bien mieux.

Ca nous semble bien moins long. (J’ai pas dit court, j’ai dis moins long!!!)

Pour sortir du glacier, il faut monter sur la moraine. On repère de loin, quel endroit semble le plus facile pour grimper, on se créer un passage entre les blocs. On enlève les skis et on grimpe droit dans la pente. Guillaume, toujours devant, fait la trace. Enfin dans cette montée je devrais plutôt dire qu’il creuse une tranchée. La neige est tellement profonde qu’il en a jusqu’aux hanches.

Tous ces efforts sont bien récompensés car il est 16h45 et on arrive pile poil sur le cabanon où se trouve la radio grâce à laquelle on doit dire qu’on est sain et sauf. Il existait un refuge avec WC et radio, mais la moraine s’est effondrée, et depuis ils ont laissés que les toilettes et la radio. C’est un condensé assez rigolo.

 

Ski de rando Mount Cook (46)

 

Par contre la radio ne marche pas ! Le DOC devra attendre demain pour avoir de nos nouvelles…

Nos esprits sont de plus en plus sereins. A partir de ce point là, nous devons suivre l’ancienne route et on arrivera au parking 2h plus tard.

Ben en fait, c’et plus compliqué que ce à quoi je m’attendais. Le chemin n’est pas évident du tout, serpente entre les rochers, nous fait descendre et remonter,... . Il y a des passages fléchés. On les suit et d’un seul coup plus rien. On continue ce qui nous semble au plus évident et on se retrouve dans des pentes qui pour sûr ne correspondent pas au chemin. On continue en essayant de remonter un peu. On reconnaît un endroit où on était venu en février. Mais on est du mauvais côté du mur de la moraine. Il faut donc remonter sur la crête et repasser de l’autre côté. Une fois arrivé en haut, on retrouve enfin la route. Ce coup ci, on y est. Enfin sur la route et depuis là, on avait mit 1h30.

Je regarde ma montre, si on met 1h30 on arrivera à 20h30 !

A partir de maintenant, quand on avance c’est un geste automatique. On est fatigué, on en a un peu marre et la nuit commence à tomber.

Un pied devant l’autre et c’est tout ce à quoi on pense.

L’avantage d’avoir eu 5 jours de tempête c’est qu’il a de la neige bas et qu’on a toujours les skis aux pieds. On reconnaît un peu les endroits où on est déjà passé mais impossible de se rappeler s’il reste 5 minutes ou une demie heure.

A 20h39, après 12 heures d’effort, enfin, on voit le parking et son abri.

Un soulagement se fait entendre dans nos deux voix.

On se change, déballe toutes nos affaires, Guillaume se faufile vite dans son duvet, un peu déshydraté. Je prépare une soupe et un thé. On n’a pas faim tellement on est fatigué.

Ce soir, on partage notre gîte avec des opossums qui sont curieux et jouent avec nos skis et crampons. Ils nous ont laissés de beaux petits souvenirs sur les tables et par terre. Heureusement qu’ils ne se sont pas lâchés sur nous !!!

 

Ski de rando Mount Cook (47)

 

Mercredi 22.

7h, on se réveil. La nuit a été plutôt agitée entre les bruits des opossums, des courants d’air et de la neige qui à minuit, avait recouvert le pied de mon duvet me forçant à changer de place. Le vent souffle, et le soleil brille. Quelle est cette météo ? Il était sensé faire horrible !

8h, je vois une voiture de control du DOC qui arrive sur le parking. Je cours vite au cas où elle reparte, je veux qu’elle nous reconduise au village. Depuis ici, il nous reste encore 15km avant d’arriver à notre Bogus.

Dave, le garde du DOC, venait en fait voir si on était dans l’abri car il était en charge de la radio la nuit dernière et n’a pas reçu notre appel. Un peu inquiet mais pas trop, il pensait qu’on était à la cabane et qu’on apprécierait de ne pas marcher ce matin. Et il a bien fait ! On reconditionne tout vite fait dans nos sacs, monte dans le 4x4 avec le sourire aux lèvres. Il nous dépose devant Bogus.

Nous repassons au DOC car il faut signaler notre retour et redonner la balise de secours qu’on avait loué.

Malgré les aléas de la météo, on gardera plein de souvenirs en tête.

 

Ski de rando Mount Cook (32) 

Ski de rando Mount Cook (33) 

 

Direction Tekapo, où il fait toujours beau, ou presque !

 

Ski de rando Mount Cook (50)

 

 [ Au final, on a tous les deux perdus 4kg et maintenant on se gave de produit frais (légumes, poisson).      J  ]

 

 

Par Hélène & Guillaume
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